Lettre à Béatrice...
- Virginie CHASE
- 4 mai
- 2 min de lecture

En confidence, "Le verre à moitié plein"
Et si on parlait un peu… entre nous. Ce thème, on le connaît tous. Presque trop : “Voir le verre à moitié plein”… une jolie formule, un peu usée peut-être, que l’on ressort comme un réflexe. Et pourtant. |
Dans certaines circonstances, elle prend une profondeur toute différente. Parce que voir la vie du bon côté, ce n’est pas nier ce qui fait mal. Ce n’est pas détourner le regard. C’est, au contraire, choisir — parfois avec une infinie délicatesse — où l’on pose son attention. Ces derniers mois, cette question m’accompagne autrement. Mon amie d’enfance, Béatrice, nous a quittés en novembre dernier, emportée par un cancer du pancréas. Et jusqu’au bout… elle est restée fidèle à cette lumière qui la caractérisait tant. Je l’ai vue traverser l’épreuve avec une forme de simplicité bouleversante. Sans grand discours. Sans façade. Mais avec cette capacité rare à continuer de goûter l’instant, à sourire encore, à accueillir ce qui était là… même dans l’inacceptable.
Je me souviens de son regard sur une fleur, sa couleur, son parfum. De ses attentions offertes, sans raison. Et de la musique, toujours là — un son, une idée, un lieu.
Le verre à moitié plein, chez elle, n’était pas une idée. C’était une manière d’être au monde.
Au mois de mai, nous irons jeter ses cendres à la mer. Un moment que j’imagine déjà chargé d’émotions, de souvenirs, de silence aussi.
Et ce qui m’a surprise — ou peut-être touchée autrement — c’est que le soir même, je suis invitée à une grande fête d’anniversaire. Deux moments, presque opposés. Un au revoir… et une célébration. La fin d’une histoire… et la joie d’une autre qui continue.
Hasard ? Je ne crois pas.
J’y vois plutôt un rappel discret, presque malicieux, de ce que la vie et le destin tissent pour nous en permanence : des passages, des cycles, des croisements inattendus. Comme si tout cohabitait. La peine et la joie. L’absence et la présence. Le vide… et ce qui continue de vibrer.
Peut-être que le verre à moitié plein se trouve là, justement, dans cette capacité à ne pas choisir entre les deux. À laisser exister la tristesse… sans fermer la porte à la fête. À honorer ce qui s’en va… tout en restant disponible à ce qui vient.
Alors en ce mois de mai, je porterai Béatrice avec moi. Dans le souffle du vent, au bord de la mer… et peut-être aussi, plus tard, dans un éclat de rire partagé.
Parce que la vie ne nous demande pas de choisir un camp. Elle nous invite, doucement, à embrasser tout ce qui est.
Comme une vague qui s’en va… et une autre qui déjà revient.
Avec douceur et Résonance,
✨Virginie |





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